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Appel à contributions : Colloque International d'études sur le Contact Improvisation aCD / AIRDanza

Date: 
30/11/2018 - 02/12/2018
Date limite: 
16/09/2018


Appel à contributions : AIRDanza (Associazione Italiana per la Ricerca sulla Danza) 
en collaboration avec l’aCD (association des Chercheurs en Danse)

Colloque international d’études sur le Contact Improvisation

Date : 30 novembre, 1 et 2 décembre 2018

Lieu : MACRO ASILO, via Nizza 138, Rome (Italie)

"You Come. We’ll Show You What We Do"

Histoires et pratiques du Contact Improvisation

Comité scientifique : Romain Bigé, Francesca Falcone, Alice Godfroy, Alessandra Sini

Comité d’organisation : Francesca Falcone, Noretta Nori, Patrizia Veroli, Elena Viti

Contact Improvisations (au pluriel) est le titre d’une performance créée par Steve Paxton à New York en 1972, durant laquelle dix-sept danseurs et de danseuses, cinq heures par jour, s’essayaient à explorer les forces physiques de la gravité, du rebond et de l’entrechoc en sautant dans les airs et en roulant les un-es sur les autres(1). Depuis ces premières explorations, le Contact Improvisation s’est mué en une pratique chorégraphique internationale, diversement utilisée dans l’entraînement des danseurs contemporains, mais aussi pratiquée sur les cinq continents par des communautés de « contacteurs » qui se réunissent dans des espaces de jam (similaires aux jam-sessions du jazz et aux milongas du tango) où de parfaits inconnus apprennent à se rencontrer peau à peau, par la roulade, l’acrobatie, et la sensibilité aux corps des autres.

Cette micro-culture chorégraphique, dotée de ses tropes, de ses habitudes de langage et de ses techniques, contribue de manière singulière aux discours sur le corps en mouvement élaborés au cours du dernier demi-siècle – tant dans les études en danse ou dans les sciences et les philosophies de la perception, que dans certaines pratiques somatiques et thérapeutiques. C’est que, comme l’a montré Cynthia Novack dans son incontournable monographie sur le Contact Improvisation(2), cette forme de danse reflète la « culture motrice » des années 1960-1970 américaines : une culture qui met l’accent sur des relations intersubjectives réciproques voire égalitaires (dans la révolution sexuelle comme dans les danses sociales telles que le rock’n’roll ou le lindy hop), qui fait aussi la part belle au dialogue avec les forces de la nature (dans les sports de glisse en particulier).

Ce colloque international a pour ambition de recueillir différentes approches de la recherche sur le Contact Improvisation selon deux axes principaux :

  1. l’un historique, qui propose de revenir sur les origines, les influences et les contextes de diffusion du Contact Improvisation aux États-Unis et en Europe ;
     
  2. l’autre pratique ou « poïétique », qui propose de mettre l’accent sur l’expérience vécue des danseurs de Contact Improvisation et sur les différentes techniques attentionnelles et gestuelles développées pour soutenir et transmettre la pratique.

Nous invitons donc des contributions qui, d’une manière ou d’une autre, viseraient à répondre à ces questionnements :

  1. Pour le versant « historique » :
 Qu’est-ce que le Contact Improvisation nous apprend sur les cultures physiques et motrices aux États-Unis, en Europe(3) ou ailleurs dans lesquelles il a pris racine ? À quelles sources (somatiques, martiales, chorégraphiques) le Contact Improvisation a-t-il puisé son imaginaire de mouvement ?
 Quels échos des pratiques politiques alternatives (contre-culture hippie, mouvements de résistance non-violente, mouvements libertaires ou anarchistes...) dans le Contact Improvisation ?
     
  2. Pour le versant « pratique/poïétique » :
 Quels outils descriptifs et pratiques les contacteurs ont-ils inventés pour affiner leur capacité à improviser ensemble au contact les uns des autres(4) ?
 Certains gestes fondamentaux du Contact Improvisation (comme toucher, peser, tomber, jouer...) peuvent-ils nous éclairer sur l’expérience vécue du mouvement et de la danse en général ?
 Quel statut donner aux savoir-sentir et aux savoir-faire développés par les contacteurs dans l’économie des savoirs sur le mouvement en général, ou des savoirs sur l’art chorégraphique en particulier ? Peut-on considérer le Contact Improvisation comme un paradigme de la recherche sur le geste en danse ?

Les chercheur-euses (doctorant-es, universitaires et indépendant-es) de différents domaines sont invité-es à partager leurs travaux. Les propositions de communication peuvent être rédigées en français, anglais, ou italien ; le colloque se tiendra dans ces trois langues.

Le texte intégral des propositions retenues sera rendu un mois avant le colloque afin d’en permettre la traduction en italien pour le public.

La cotisation à AIRDanza ou à l’aCD sera nécessaire pour les intervenant-es retenu-es.

Une publication des actes du colloque est envisagée.

Merci d’envoyer vos propositions (300-400 mots) suivies d’une courte bio-bibliographie par e-mail à info@airdanza.it au plus tard le 16 septembre 2018.

Les auteur-es des propositions acceptées seront informé-es pour le 25 septembre 2018.


 

(1.)  Le titre du colloque, You Come. We’ll Show You What We Do (« Venez. On vous montrera ce qu’on fait ») est également celui d’une série de performances de Contact Improvisation qui ont eu lieu en 1973. 


(2.)  Cynthia J. Novack, Sharing the Dance. Contact Improvisation and American Culture, Madison (WI), The University of Wisconsin Press, 1990. 


(3.)  Un accent pourra notamment être mis sur l’Italie, pays d’accueil du colloque, qui fut également le pays où le Contact fit son entrée en Europe grâce à Fabio Sargentini, directeur de la galerie l’Attico, à Rome. C’est en effet Sargentini, grand passeur des danseurs du Judson Church, qui invite Steve Paxton (alors interprète pour Trio A d’Yvonne Rainer) à présenter la première européenne du Contact Improvisation en 1973. 


(4.) La revue Contact Quarterly, en particulier, pourra faire l’objet d’une étude spécifique comme l’un des rares objets éditoriaux dans le monde de la danse où des danseurs et des danseuses se sont dotés d’un organe de publication pour discuter collectivement de leurs découvertes.

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