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Fabrique de thèse #5 – Décentrer les savoirs : l’in-discipline des études en danse

Date: 
22/09/2020
Date limite: 
24/08/2020

De 10h à 17h 

Cette édition de Fabrique de thèse interrogera la notion de décentrement du point de vue de la méthodologie – et plus largement de l’épistémologie – de la recherche sur les œuvres et les pratiques chorégraphiques. Comment les études en danse, parce qu’elles se définissent davantage par des objets d’étude que par des modèles et des ancrages scientifiques strictement déterminés, se trouvent-elles décentrées, bien souvent à la croisée de plusieurs approches (historiques, sociologiques, anthropologiques, philosophiques, littéraires...) ? Quels seraient les motivations, les effets et les pratiques qui permettent ou résultent du déplacement des usages de certaines références scientifiques considérées comme canoniques dans d’autres traditions disciplinaires ? Dès lors, nous emploierons la notion de décentrement pour réfléchir aux concepts qui font la recherche en danse : qu’il s’agisse de verbes d’action (percevoir, créer, composer...) ou de noms communs (le geste, le mouvement, le corps, l’œuvre...), comment les sens de ces termes se révèlent-ils déplacés, transformés, et donc décentrés, lorsqu’ils sont adressés à un corpus en danse ? Si cette dérive lexicale peut s’apparenter à des jeux de langage, nous parions pourtant sur l’intérêt d’examiner les interférences qui opèrent au croisement d’une terminologie partagée dans le champ des recherches en danse – considérant par exemple l’acuité définitionnelle avec laquelle des termes comme la « qualité » ou « l’état » acquièrent un pouvoir herméneutique – et de la polysémie dont se trouvent chargées certaines notions, à l’image du verbe « danser » lui-même et des inflexions qu’il subit. Cette instabilité participe plus largement d’une véritable entreprise de remotivation sémantique qui oriente la recherche de manière significative : nous chercherons alors à en cerner la pertinence et les limites.

Cette journée d’étude se déroulera sous la forme d’échanges collaboratifs (tables- rondes ; débats ; communications croisées ; exercices collectifs) établis à partir des propositions des participants. Nous envisageons par exemple un temps d’échange autour des acceptions et usages divers d’un même concept, afin que chacun.e puisse partager aux autres comment ce terme s’inscrit et s’entend dans sa recherche ou sa discipline. De même, nous consacrerons un moment à des prises de parole individuelles – sans pour autant reproduire un format de communication – où chacun.e pourra présenter son sujet de recherche et sa méthodologie afin de montrer comment ce travail consacré à la danse se situe en marge d’une discipline ou au croisement de plusieurs d’entre elles. Enfin, nous vous proposons de participer à des ateliers pluridisciplinaires d’analyse et de regard : à partir d’un document (captation vidéo d’un spectacle, photographie, texte, enregistrement audio, etc.) nous pourrons observer comment un même objet peut être appréhendé différemment selon la spécialité du chercheur et faire se rencontrer les approches littéraires, historiennes, géographiques, sociologiques, philosophiques, etc.

Les propositions de participation devront présenter des éléments susceptibles de nourrir ces réflexions, qu’il s’agisse d’une présentation d’un élément « décentré » mobilisé au sein de la recherche, d’un questionnement méthodologique sur lequel le doctorant s’interroge encore, ou de la présentation d’un sujet de thèse qui repose sur un positionnement transdisciplinaire. Nous recevrons également avec plaisir des personnes qui, dans le cadre de l’élaboration d’un projet doctoral, souhaitent participer à cette rencontre pour présenter leurs réflexions à ce sujet.

Nous vous invitons à nous faire part de votre souhait de participer à cet atelier et à nous présenter des éléments que vous souhaiteriez présenter ou discuter d’ici le 24 août 2020, à l’adresse doctorantsendanse@gmail.com.

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