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Soirée

Soirée de l'aCD à l’invitation du Centre national de la danse

11/02/2016

à 20h

Réservation indispensable à reservation@cnd.fr ou par téléphone au 01 41 83 98 98

La recherche en deçà du temps de l’écriture

La publication d’un texte identifie souvent l’activité de recherche. Mais cette étape de formalisation écrite ne représente que l'aboutissement d'un processus. Ce dernier confronte les chercheurs à un important travail basé, selon les cas, sur l’enquête, la récolte d’informations, l’interprétation d’archives, l’analyse des gestes et des œuvres, la pratique des danses, la lecture des écrits d’artistes et théoriciens, ou le débat intellectuel. En quoi consiste l’activité du chercheur en danse ?

Les six chercheuses invitées, toutes membres actives de l’aCD, proposent de rendre compte d’un des aspects de cette activité invisible menée en-deçà du temps de l’écriture. Elles témoigneront de leurs manières de faire et des questions qui se posent à elles dans le quotidien de leur pratique de chercheuses. La soirée s’organisera suivant trois fils rouges : Regards, Milieux, Oralités. Comme une façon de nommer trois sphères du travail de recherche : l'observation, l'immersion et la parole. En quoi ces démarches peuvent-elles résonner avec l’activité de recherche d’un artiste ? Le chorégraphe Rachid Ouramdane est invité à répondre aux chercheuses et à tirer les fils de connivences possibles.

 

Regards

« La recherche de terrain comme activité perceptive et réflexive », par Betty Lefèvre & Joëlle Vellet

ll s'agit de montrer qu'il n'y a pas une réalité déjà là (de la danse ou de tout autre objet de recherche) qu'il suffirait de voir pour la connaître. L'activité du chercheur est une activité de construction du regard – regard questionnant, curieux, qui ne sollicite pas seulement la vue mais qui engage le corps tout entier. Cette posture de chercheur observant (et observé), loin d'être un obstacle épistémologique, est source féconde de connaissances. Par ailleurs, ce qui est observé ne permettant d’accéder qu’aux traces de ce qui se joue à l’instant, l’activité du chercheur met en jeu, dans un rapport dialogique avec l'artiste, les conditions pour accéder à une co-connaissance, à une co-construction de savoirs, dévoilant ce qui n’est pas observable mais présent.

 

Milieux

« Sujets-milieux, objets-milieux, productions-milieux, réceptions-milieux : recherche-milieu ? », par Alice Gervais-Ragu

Quelle méthodologie, quelle posture de recherche, quel commun se construisent entre une chercheuse et ce/ceux qu’elle est amenée à rencontrer durant son parcours de recherche ? Hors le temps de l’écriture, comment de multiples formes de pensées et de sensibilité s'inventent finalement, saisies entre rencontre et expérience, relation et distance ? Quelle dramaturgie de la recherche s’invente alors ?

 

« Recherches ''au milieu'' : le Diplôme Universitaire Art, danse et performance de l’université de Franche-Comté », par Aurore Després

Expérimentations, perceptions, réflexions, lectures, rencontres et débats ont constitué le cœur des dispositifs qu’ont investis plus de 150 artistes, chercheurs, acteurs culturels au sein du D.U Art, danse et performance entre 2011 et 2014. Comment ces pratiques de recherche expérimentales ou exploratoires définissent-elles à la fois des formes, des postures et des méthodologies de recherche « au milieu » que l'on retrouve tout aussi bien dans l’ouvrage Gestes en éclats. Art, danse et performance (Presses du réel, 2016) qui les ressaisit et les prolonge ? 

 

Parole à la salle


Oralités

« Ethno-graphie d’une recherche en danse : les entrelacs entre oralité et écriture », par Mahalia Lassibille

L’oralité et l’écriture sont parfois considérées comme des étapes de travail séparées pour un chercheur qui étudie des sociétés et des pratiques dites justement « orales ». Or, quand on se penche sur le concret de son activité de recherche, c’est plutôt leurs entrelacs qu’il s’agit d’envisager : non seulement notre pensée est forgée par la graphie, mais les écrits scientifiques ont des effets retours sur les acteurs étudiés. Ceci conduit dès lors à décloisonner l’oral et l’écrit, le chercheur et les acteurs, l’en deçà et l’au-delà du temps de l’écriture.

 

« Rendre visite aux mots, encore, est une sorte de visite », par Claude Sorin

Avec les mots de Simone Forti, il s’agit de découvrir les liens entre oralité, danse et écriture que cette artiste explore. Une écriture en deçà de la danse, performée, puis réécrite.
À l’écoute de quelques extraits d’une interview, nous entendrons cette proximité du corps et des mots, une danse-récit, dit-elle. Par l’évocation de cette artiste, il s’agit de tendre l’oreille à certains usages de l’oralité en danse.

 

Liens

En quoi ces trois sessions peuvent-elles résonner avec l’activité de recherche d’un artiste ? Le chorégraphe Rachid Ouramdane est invité à répondre aux chercheuses et à tirer les fils de connivences possibles.

 

Parole à la salle


La soirée se conclura autour d'un pot convivial au 4e étage